La fabrication du fromage de brebis

Article Publié le 31/10/2012 dans Sud ouest

Le Pian Médoc (33) : deux bergers et leurs 500 brebis menacés d’expulsion

Sous le coup d’une mesure d’expulsion, la bergerie, installée sur les terres du château Sénéjac, risque de perdre son troupeau
André Sarres et son épouse Évelyne demandent un délai au château Sénéjac. (photo archives Philippe taris) «Au mois de janvier, nous devrons quitter les lieux. Une bonne partie de nos 500 brebis vont mettre bas entre novembre et juillet. Si nous prenons la route aujourd’hui avec le troupeau, nous risquons de tout perdre. Ce n’est pas possible. Elles sont intransportables ! »

Julien Sarres exploite avec ses parents, André et Evelyne, une bergerie-fromagerie située dans le secteur de Sénéjac. Le petit hameau se trouve au nord-ouest de la commune du Pian- Médoc. Nous sommes aux portes de la CUB. Le tribunal de grande instance de Bordeaux a fait part de sa décision à la bergerie le 19 octobre dernier. « Nous avons trois mois pour partir. Sinon, ce sera une amende de 100 euros par jour à compter du 20 janvier », explique encore André Sarres. Sa femme Évelyne, elle, assure que « la force publique pourra être employée » s’ils décidaient quand même de rester sur place. « C’est écrit dans le jugement du tribunal », dit-elle avec une certaine émotion.
À l’origine de cette affaire, il y a la volonté du propriétaire des lieux, le château Sénéjac, un cru bourgeois appartenant à la famille Cordier, de récupérer ses bâtiments et les terres qui vont avec. La mécanique judiciaire s’est mise en place. Et l’examen de la situation n’a pas été favorable à la famille Sarres.
Au début des années 1980, date à laquelle André Sarres s’est installé dans la bergerie, le comte Charles de Guigné était le propriétaire du château Sénéjac. À l’époque, les deux hommes s’étaient entendus sur la base d’un contrat moral, sans document écrit. Le berger
entretenait la prairie et les bâtiments occupés par ses brebis. En échange, le viticulteur, lui, se voyait fournir du fumier pour ses vignes.
En 2009, avec le nouveau propriétaire, la situation a commencé à se tendre. « Nous avons compris que le château Sénéjac ne voulait plus de nous à la bergerie. Il n’y a jamais eu d’accord possible sur de nouvelles conditions. Du jour au lendemain, il nous a été demandé de partir. C’est la raison pour laquelle nous sommes allés devant la justice. Durant trente ans, nous avons travaillé sur cette terre ! », plaident les époux Sarres. Au château Sénéjac, Jean-Paul Bignon, l’époux de Nancy Bignon-Cordier, ne souhaite pas s’étendre sur le dossier du berger. Le viticulteur, qui rentre tout juste d’un voyage en Chine, indique seulement « qu’il y a une procédure de justice en cours » et « qu’il n’a pas l’intention de la commenter ». André Sarres, qui semble résigné, demande aujourd’hui un délai. « Il faut nous laisser jusqu’à l’été. Nous ne savons pas où aller. Les bêtes vont mettre bas. Il faut aussi que l’on puisse continuer de produire notre fromage et déménager le laboratoire. » Si le message est entendu, il indique qu’il cherche également de nouvelles terres.

Commentaires

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  • margaux lega dit :

    bonjour,

    que s’est-il passé depuis pour Mr et Mme Sarres ? Merci de votre retour.
    Margaux

    • Dominique dit :

      Bonsoir,
      Je découvre ce message. Excusez-nous mais nous ne maîtrisons pas encore tout-à-fait notre blog. Je ne trouve pas la date de votre question et j’espère qu’elle ne date pas d’un an !… M. et Mme SARRES se sont installés ailleurs et continuent leur activité.
      Cordialement,
      Dominique BRET

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